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Incontinence urinaire par impériosité : comment gérer les envies urgentes d’uriner ?
Comprendre l’incontinence urinaire par impériosité
Pour mieux comprendre l’urgenturie, il est bon de rappeler comment se déroule une miction normale :
- Les reins produisent l’urine, qui est ensuite conduite vers la vessie par les uretères. L’urine y est stockée et les muscles du périnée, notamment le sphincter, se contractent pour empêcher les fuites.
- Lorsque la vessie est remplie à moitié (environ 300 ml), nous ressentons l’envie d’uriner. Et au moment de le faire, le détrusor (muscle de la vessie) se contracte pour expulser l’urine, tandis que le sphincter se relâche volontairement pour la laisser passer.
En cas d’incontinence par impériosité, le détrusor se contracte de manière involontaire, plusieurs fois par jour, quel que soit le volume d’urine contenu dans la vessie. Quand l’envie est trop pressante, le sphincter ne parvient plus à retenir l’urine…et hop, les fuites apparaissent.
Symptômes
- Des envies impérieuses d’uriner : sentir soudainement un grand besoin d’uriner, difficilement contrôlable ;
- Des besoins à répétition : avoir fréquemment envie d’uriner de jour et de nuit. Un rythme irrégulier par rapport à l’accoutumée ;
- Des fuites urinaires : des pertes incontrôlées d’urine, sans arriver à se retenir, que ce soit au repos ou lors d’un mouvement
- Un faible volume d’urine : de petits volumes d’urine, sans rapport avec l’urgence ressentie.
Causes de l’incontinence par impériosité
Il n’existe pas une, mais plusieurs causes pouvant expliquer une incontinence urinaire par impériosité. Parmi les plus fréquentes, on retrouve l’hyperactivité de la vessie, qui peut survenir dans les cas suivants :
- Une infection urinaire ou une cystite aiguë
- Un rétrécissement de l’urètre
- Un prolapsus, notamment chez la femme
- Un cancer de la vessie
- Une cystite radique (inflammation de la vessie après une radiothérapie)
- Une hypertrophie de la prostate chez l’homme
- Une maladie neurologique, comme l’incontinence avec Alzheimer ou lors d’une sclérose en plaques
D’autres facteurs peuvent également favoriser l’apparition d’une incontinence par impériosité, tels que le vieillissement qui entraîne un relâchement des muscles pelviens, ainsi que la grossesse ou la ménopause chez la femme.
Diagnostic
Même si certains signes peuvent vous alerter sur une vessie hyperactive, il est toujours recommandé de consulter son médecin traitant.
Ce dernier vous orientera généralement vers un urologue, chargé d’identifier le type d’incontinence urinaire dont vous souffrez. Il mène d’abord un interrogatoire, puis réalise un examen clinique et des analyses d’urine. Dans certains cas, un examen urodynamique peut également être nécessaire.
Chez l’homme, le diagnostic inclut souvent un contrôle du PSA, la prostate étant fréquemment impliquée.
Conseils pour gérer les envies pressantes d’uriner au quotidien
Bien s’équiper
L’utilisation de protections anatomiques adaptées peut considérablement réduire la gêne causée par les fuites urinaires. Qu’il s’agisse de couches pour adultes ou de protèges matelas, ces protections permettent de ne plus craindre les fuites imprévues qui perturbent votre quotidien.
Contrairement aux idées reçues, ces produits sont largement utilisés et disponibles en différentes tailles. Ils existent également en plusieurs modèles, très discrets et confortables !
Éviter les aliments diurétiques
Il est préférable d’éviter la consommation d’aliments diurétiques, comme certains légumes (persil, asperges, tomates…) et boissons (café, thé, sodas…) ou encore certains aliments susceptibles d’irriter la vessie (chocolat, épices, etc.).
Ce que vous mangez peut aider à réduire les envies fréquentes d’uriner, qu’elles soient liées à l’impériosité, mais également en cas d’incontinence à l’effort ou mixte.
Si le sujet vous intéresse, consultez notre article complet à ce sujet : aliments diurétiques à éviter en cas d’incontinence urinaire.
Ne pas essayer de se soigner seul
Selon l'Association Française d'Urologie (AFU), pour 43 % des Français, l’incontinence urinaire reste un sujet tabou. Or, c’est un trouble très fréquent, qui touche plus de 2,5 millions de personnes en France et qui n’a aucune raison d’être source de honte.
Au contraire, plus vous en parlerez tôt, plus vous bénéficierez d’un suivi médical adapté et efficace.
Les différents traitements pour l’impériosité urinaire
Les traitements naturels
Le traitement de première intention en cas d’incontinence urinaire est la rééducation périnéo-sphinctérienne. Cela consiste par plusieurs séances de rééducation composées d’exercices spécifiques, dont les exercices de Kegel afin de renforcer les muscles du périnée.
À cela peuvent s’ajouter des habitudes de vie qui aident à réduire les symptômes de l’urgenturie, comme éviter le tabagisme, boire suffisamment d’eau (environ 1,5 litre par jour) et maintenir un poids normal.
Le traitement par neurostimulation
Pour traiter l’incontinence par hyperactivité vésicale (urgenturie), le traitement par neurostimulation est très efficace. Il consiste à placer des électrodes au niveau de la cheville afin de stimuler le nerf tibial. Celles-ci envoient des signaux nerveux vers les racines sacrées (nerfs au niveau du sacrum), ce qui réduit les contractions involontaires du muscle vésical, et donc les envies impérieuses d’uriner.
Ce traitement s’effectue principalement à l’aide des électrostimulateurs UROSTIM ou TENSI+.
Les traitements médicamenteux
Les professionnels de santé peuvent également prescrire des médicaments, en complément d’une rééducation ou lorsque celle-ci est insuffisante. Parmi les traitements possibles :
- Imipramine (antidépresseur tricyclique), qui renforce notamment les contractions du sphincter ;
- Darifénacine, dicyclomine, fesoterodine ou hyoscyamine, pour réduire les spasmes des muscles vésicaux ;
- Chez l’homme : alfuzosine, doxazosine, prazosine, silodosine et tamsulosine, pour traiter les problèmes d’obstruction du col de la vessie, souvent responsables de l’hyperactivité vésicale.
Les traitements chirurgicaux
Les interventions chirurgicales sont envisagées en seconde intention, lorsque la rééducation et les médicaments n’ont pas permis de stopper les fuites urinaires.
Il existe plusieurs opérations contre l’incontinence urinaire, notamment la pose de bandelette sous-urétrale qui est la plus fréquente et a un taux de réussite de 75 %. Cependant, plusieurs autres techniques existent également, comme les injections de toxine botulique (botox).
Le choix de l’opération se fait conjointement avec vous, ainsi qu’une équipe pluridisciplinaire (médecin traitant, urologue, gynécologue-obstétricien, etc.).
Publié dans:
Incontinence
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