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Tous savoir sur les opérations contre l’incontinence urinaire : bandelette et autres solutions
Quand envisager un traitement chirurgical en cas d’incontinence urinaire ?
Le traitement chirurgical de l’incontinence urinaire est un traitement de deuxième intention. Il est proposé par le corps médical uniquement lorsque les fuites urinaires persistent malgré une rééducation périnéo-sphinctérienne et un traitement médicamenteux.
Comme pour toute intervention, la décision est prise conjointement par vous et plusieurs professionnels de santé qui vous accompagnent, principalement votre médecin traitant, un urologue et un gynécologue.
Il existe plusieurs techniques chirurgicales permettant de traiter différents types d’incontinence, notamment l’incontinence par impériosité, d'effort, par hyperactivité vésicale ou par réflexe. Le choix dépend principalement de trois facteurs :
• Votre sexe
• Le type d’incontinence
• Son degré d’intensité
La pose de bandelette TVT ou TOT chez l’homme et la femme
La pose d’une bandelette sous-urétrale est le traitement chirurgical le plus courant en cas d’incontinence urinaire d’effort, avec environ 25 000 interventions chaque année en France.
L'opération consiste à placer une bandelette sous l’urètre pour le soutenir, car pour rappel, l’incontinence urinaire d’effort résulte d’un affaiblissement des muscles du périnée, ce qui entraîne des fuites d’urine lors d’efforts (rire, toux, sport…).
La bandelette est constituée d’un matériel synthétique (polypropylène) en forme de maille, et fait en moyenne 1 cm de large pour 15 cm de long.
Quel est le déroulement de l’opération ?
La pose de la bandelette peut se faire sous anesthésie générale ou locale (péridurale ou rachianesthésie), selon le choix du chirurgien.
Ensuite, deux techniques sont possibles :
• Pose par voie rétropubienne (TVT) : trois petites incisions de 5 à 10 mm sont réalisées, une sur la face antérieure du vagin et deux autres au ras du pubis.
• Pose par voie transobturatrice (TOT) : trois incisions également, une au niveau du périnée et deux dans le pli de l’aine de chaque cuisse.
Le choix de la technique dépend principalement du sexe :
• Les femmes peuvent être opérées par intervention TVT (Tension-free Vaginal Tape, ou « bande vaginale sans tension ») ou TOT (Trans-Obturator Tape, ou « bande sous-urétrale »).
• À l’inverse, chez les hommes, l’intervention par bandelette TOT est privilégiée.
Le taux de réussite de la chirurgie est proche de 75 % chez la femme comme chez l’homme, ce qui en fait une intervention considérée comme efficace.
Quelles sont les suites post-opératoires ?
Une fois l’intervention chirurgicale terminée, vous serez surveillé pendant environ deux heures en salle de réveil. La sonde urinaire et les perfusions seront retirées avant votre retour dans votre chambre.
La sortie de l’hôpital a généralement lieu dans les vingt-quatre heures suivant l’opération, et parfois le jour même.
En général, après l’opération :
• Votre miction sera surveillée à l’hôpital
• Des médicaments pour prévenir la douleur peuvent être prescrits, et un traitement anticoagulant conseillé dans certains cas
• Chez la femme, un léger saignement vaginal peut apparaître dans la période post-opératoire
• Toute activité physique est fortement déconseillée pendant 2 à 4 semaines
• Il est recommandé d’attendre 3 semaines avant de prendre des bains
• Un délai de 3 semaines est également conseillé avant de reprendre une activité sexuelle
Y a-t-il des risques de complications ?
La pose de bandelette est une intervention peu invasive et, dans la majorité des cas, sans conséquences négatives.
Complications durant l’intervention :
Lors de l’opération, des complications peuvent survenir, telles que des blessures de la vessie, de l’urètre ou des organes environnants. Cependant, ces événements restent très rares (1 à 5 % des interventions).
Complications post-opératoires :
• Un hématome
• Des difficultés à uriner
• Une infection ou l’apparition d’un abcès, souvent accompagnés de fièvre
• Une infection urinaire, nécessitant parfois un traitement antibiotique
• Une douleur généralement modérée, traitée avec des antalgiques
Complications après plusieurs mois / années :
• Dans de rares cas, après quelques mois, des fuites urinaires peuvent persister et indiquent un échec de l'opération
• Un défaut de cicatrisation peut également survenir, notamment vaginal
• Après plusieurs années, le corps peut exceptionnellement rejeter la bandelette
Les autres traitements chirurgicaux de l’incontinence urinaire chez la femme
En cas d’incontinence urinaire d’effort :
• La colposuspension : le soutien de l’urètre est corrigé en soulevant chirurgicalement des tissus autour du col de la vessie ;
• Les injections dans le col vésical : un agent gonflant est injecté autour de l’urètre pour le resserrer et réduire ainsi les fuites urinaires.
En cas d’incontinence urinaire par hyperactivité vésicale :
• Les injections de toxine botulique : de la toxine botulique (botox) est injectée dans les muscles vésicaux afin de réduire les contractions involontaires de la vessie ;
• Le pacemaker vésical : un appareil est implanté, souvent au niveau de la fesse, pour émettre des impulsions électriques commandées permettant de contrôler la vessie.
En cas d’incontinence sévère :
• Urostomie ou stomie urinaire : l’intervention consiste à dévier l’urine vers une petite portion de l’intestin grêle. Une poche artificielle doit être portée en permanence pour recueillir l’urine.
Les autres traitements chirurgicaux de l’incontinence urinaire chez l’homme
Chez les hommes, l’incontinence urinaire survient souvent à la suite d’un problème de prostate, comme une augmentation de son volume ou après une prostatectomie. Les formes les plus fréquentes sont l’incontinence par regorgement ou par impériosité.
Trois traitements chirurgicaux sont principalement réalisés :
• Résection transurétrale de la prostate (RTUP) : ablation de la zone hypertrophiée de la prostate pour dégager les voies urinaires ;
• Adénomectomie : retrait de l’adénome, c’est-à-dire la partie centrale de la prostate, afin de débloquer l’urètre ;
• Pose d’un sphincter urinaire artificiel : envisagée uniquement en cas d’échec des autres traitements et pour une incontinence majeure. Le chirurgien implante un sphincter que le patient actionne manuellement pour déclencher la miction.
Note : les hommes peuvent également traiter leur fuite urinaire via certaines opérations citées plus haut chez la femme, comme les injections de toxine botulique, le pacemaker vésical ou l’urostomie, selon les cas.
Les solutions complémentaires à la chirurgie de l’incontinence urinaire
Rééducation périnéale : après une chirurgie, la rééducation périnéo-sphinctérienne peut être conseillée, selon le patient et le type d’intervention. Elle peut contribuer à augmenter les chances de réussite de l’opération.
Protections adaptées : que ce soit avant ou après l’opération, l’utilisation de protections anatomiques est fortement recommandée pour limiter les gênes causées par les fuites urinaires. En cas de pertes abondantes, il est possible de porter des couches pour adultes, plus absorbantes. Bien qu’un certain tabou existe autour de ces protections, elles permettent de vivre normalement, sans appréhender les fuites d’urine. La nuit, des protège-matelas peuvent également être utilisés.
Alimentation spécifique : après l’opération, il est préférable de limiter la consommation d’aliments diurétiques, comme le café et les boissons gazeuses, ou la pastèque et les concombres.
FAQ
Quel est le prix d’une opération pour fuite urinaire ?
Le prix d’une opération d’incontinence urinaire varie en fonction du traitement chirurgical. Cependant, en France, l’assurance maladie rembourse généralement une partie des coûts de l’opération.
Quelle est la durée de vie moyenne d’un sphincter artificiel ?
La durée de vie d’un sphincter artificiel se situe entre 10 et 13 ans. Lorsque le sphincter ne fonctionne plus, il est nécessaire de réaliser une nouvelle intervention chirurgicale pour le remplacer.
Est-ce que le port d'un sphincter artificiel est douloureux ?
En principe, le port d’un sphincter artificiel ne doit provoquer aucune douleur. Les seules gênes ou douleurs éventuelles sont liées à l’intervention chirurgicale elle-même et disparaissent généralement dans les semaines qui suivent. Des antalgiques ou autres médicaments peuvent être prescrits pour soulager ces inconforts.
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