Menu
Incontinence par regorgement : causes, symptômes et traitements
Comprendre l’incontinence par regorgement
L’incontinence par regorgement est un type d’incontinence urinaire assez particulier. Ici, le sphincter fonctionne normalement, ce n’est pas l’étanchéité de la vessie qui est en cause, mais l’évacuation de l’urine.
Concrètement, la vessie ne parvient plus à se vider correctement pour diverses raisons, et elle déborde lorsqu’elle atteint sa capacité de stockage maximale. Cela se traduit par des fuites urinaires principalement, mais aussi par des envies anormalement fréquentes d’uriner et un jet parfois très faible.
Les causes de l’incontinence par regorgement
Chez l’homme
Chez l’homme, l’incontinence de regorgement est la forme la plus fréquente d’incontinence urinaire, principalement à cause des troubles de la prostate.
Voici les causes les plus courantes :
Augmentation du volume de la prostate : la prostate est une glande masculine située sous la vessie, devant le rectum, et qui entoure l’urètre (le canal de l’urine). Avec l’âge, son volume augmente. On parle alors d’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) ou « adénome », touchant en moyenne 60 % des hommes de plus de 60 ans. Quand la prostate devient trop volumineuse, elle comprime l’urètre et gêne l’écoulement de l’urine.
Rétrécissement de l’urètre : un rétrécissement de l’urètre (sténose urétrale) provoque souvent une incontinence de regorgement, en plus de rendre les mictions difficiles.
Calculs dans la vessie : certains calculs formés dans un rein peuvent migrer vers l’urètre ou la vessie (lithiase urétérale ou vésicale). Ils bloquent alors partiellement, voire totalement, le passage de l’urine.
Mauvaise contraction des muscles de la vessie : la perte de contrôle des muscles vésicaux est assez fréquente. Le muscle vésical ne se contracte plus efficacement, ce qui empêche la vessie de se vider correctement. Cette situation peut être liée à l’hypertrophie de la prostate, à une chirurgie prostatique, au diabète ou encore à une maladie neurologique comme Alzheimer ou Parkinson.
Constipation chronique : dans certains cas, l’accumulation de selles dures dans le rectum (fécalome) exerce une pression sur l’urètre et bloque l’écoulement de l’urine. Cette cause concerne généralement les personnes alitées ou sédentaires.
Chez la femme
Chez la femme, l’incontinence de regorgement est plus rare et survient généralement à la suite d’un prolapsus, ou descente d’organes. Elle peut aussi être le symptôme d’un fibrome utérin, c’est-à-dire une tumeur bénigne située dans l’utérus, ou d’un cancer de l'utérus.
Comme chez l’homme, la présence de fécalomes peut également entraîner l’apparition d’une incontinence de regorgement.
Comment se déroule l’examen diagnostic ?
Il est courant d’en parler d’abord à son médecin traitant, qui peut ensuite orienter vers un spécialiste, notamment un urologue. Le patient passe alors un examen clinique, à l’issue duquel le médecin prescrit le plus souvent des examens complémentaires (bilan sanguin, analyse d’urine, imagerie des voies urinaires, bilan urodynamique…), selon les résultats.
L’utilisation d’un calendrier mictionnel pendant quelques jours peut également être demandée.
Important : l’incontinence par regorgement peut mener à d’autres problèmes de santé comme des infections urinaires ou des troubles rénaux. Il est donc essentiel de consulter un médecin dans les plus brefs délais.
Les traitements en cas d’incontinence par regorgement
Les traitements médicamenteux
La prescription de médicaments est le traitement de première intention. Selon le diagnostic, le médecin peut par exemple proposer :
- Des inhibiteurs de la 5-alpha-réductase (finastéride et dutastéride), qui réduisent le volume de la prostate en cas d’HBP ;
- Des alpha bloquants, qui favorisent le relâchement musculaire de la vessie et facilitent l’écoulement de l’urine.
Les traitements chirurgicaux
La chirurgie est envisagée en seconde intention, lorsque les symptômes sont plus avancés et que les médicaments se sont avérés insuffisants. Le choix de l’intervention dépend bien sûr de la cause identifiée.
- En cas de troubles de la prostate, une adénomectomie (ablation de la partie centrale de la glande), une résection de la prostate (rabotage) ou, dans certains cas, une ablation complète peuvent être pratiquées pour désobstruer les voies urinaires ;
- En cas de rétrécissement de l’urètre, la pose d’un stent urinaire (petit tube maintenant l’urètre ouvert) peut être envisagée ;
- La mise en place d’un cathéter ou d’un étui pénien peut également être une solution proposée.
- Chez la femme atteinte d’un prolapsus avancé, une chirurgie de la cystocèle peut être proposée.
Les protections urinaires pour continuer de vivre normalement
L’utilisation de protections anatomiques fait partie des premiers gestes auxquels penser. Il peut s’agir de protections classiques en cas de fuites légères, ou de couches pour adultes lorsque les pertes sont plus importantes.
Contrairement aux idées reçues, ce type de produits n’est ni un tabou ni un fait rare. Les produits sont nombreux, avec des modèles discrets et disponibles en différentes tailles. Les utiliser permet de conserver un quotidien normal, sans se priver de sorties par crainte de fuites urinaires imprévues.
La nuit, il est aussi possible d’avoir recours à des alèses de lit, c’est-à-dire des protèges matelas, pour dormir sereinement.
Certaines habitudes peuvent également faciliter le quotidien malgré une incontinence par trop plein :
- S’asseoir sur la cuvette pour favoriser la vidange de la vessie ;
- Limiter les aliments diurétiques (café, alcool, persil…) ;
- Éviter le tabac ;
- Adopter une alimentation riche en fibres afin de réduire le risque de constipation.
Publié dans:
Incontinence
Derniers commentaires