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L'incontinence anale chez les personnes âgées : solutions et protections efficaces

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Comprendre l’incontinence anale chez la personne âgée

L’incontinence anale désigne l’incapacité à retenir les gaz et les selles. Lorsqu’il s’agit uniquement de fuites de selles, on parle d’incontinence fécale. Ces deux termes sont parfois employés comme synonymes, mais ils n’indiquent pas tout à fait la même chose.

Pour comprendre l’incontinence anale, rappelons-nous du fonctionnement de la digestion :

Dans l’estomac, les aliments sont broyés par les muscles et dissous par l’acide, ce qui les liquéfie progressivement. 

Le liquide est alors acheminé vers l’intestin grêle, qui termine de décomposer les aliments et où le corps absorbe les éléments nutritifs.

Le liquide passe ensuite dans le côlon, dont la fonction principale est d’absorber l’eau. C’est là que les selles se forment et sont stockées dans le rectum.

Pour maintenir le rectum fermé, des sphincters musculaires le retiennent. Lorsque le rectum se remplit, ces sphincters se relâchent pour permettre l’évacuation des selles par l’anus. On parle de sphincters au pluriel, car il y a :

  • Le sphincter anal interne (involontaire), qui maintient le rectum fermé automatiquement ;

  • Le sphincter anal externe (volontaire), que l’on contracte consciemment pour retenir les gaz ou les selles.

L’incontinence anale peut survenir lorsque le sphincter externe se détend involontairement, ou à cause de troubles rectaux, voire de certaines maladies.

Les symptômes de l’incontinence anale 

Le principal symptôme reste les fuites involontaires de gaz et de selles. Les autres signes dépendent de la cause de l’incontinence et peuvent inclure :

  • Des envies irrépressibles de déféquer

  • Des flatulences fréquentes 

  • Des fuites de gaz ou de selles lors d’efforts physiques

  • Une défécation passive avec des souillures sur ses sous-vêtements, sans sensation de perte de selles

  • Des évacuations de selles liquides, souvent gênantes 

  • Des crampes abdominales 

  • Une diarrhée, ou au contraire, une constipation 

Les protections pour gérer une incontinence anale  

En cas d’incontinence, notamment fécale, il est tout à fait normal de porter des protections adaptées. Celles-ci permettent de continuer à vivre sans craindre les fuites involontaires et les tâches qu’elles peuvent provoquer.

Il existe notamment des couches pour adultes, très efficaces. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, elles sont discrètes, confortables et sont disponibles en versions jetables ou lavables.

Pour la nuit, il est également possible d’utiliser des alèses absorbantes jetables afin de dormir sereinement sans appréhender de tacher les draps, et permettant un nettoyage facile et rapide.

Les causes de l’incontinence anale

L’incontinence anale est souvent qualifiée de trouble idiopathique, c’est-à-dire sans cause évidente. Cela vient du fait que son origine est souvent due à plusieurs facteurs. Elle peut apparaître après un traumatisme qui laisse des lésions au périnée, ou être liée à une maladie digestive ou neurologique.

Parmi les causes les plus fréquentes, on retrouve :

  • Le vieillissement

  • Un accouchement difficile

  • Des grossesses multiples

  • Une constipation chronique

  • Le syndrome du côlon irritable

  • Des troubles rectaux (rectocolite, rectite, inflammation de la muqueuse rectale, etc.)

  • Une opération du petit bassin (rectum, prostate, anus…)

  • Certaines maladies, notamment les maladies neurodégénératives (Alzheimer, Parkinson…) et le diabète

  • Les séquelles d’un AVC

  • Un relâchement des muscles pelviens dû à un prolapsus (descente d’organes)

  • Les hémorroïdes

Selon son origine, on parle : 

  • D’incontinence d’urgence lors d’un besoin soudain et incontrôlable d’aller à la selle ;

  • D’incontinence d’effort lorsqu’il y a une perte de gaz ou de selles lors d’un effort physique (rire, une quinte de toux, sport…) ;

  • D’incontinence passive en cas de fuites de matières sans le sentir. 

Comment se passe le diagnostic ?

Le diagnostic commence par un examen clinique, au cours duquel le médecin interroge le patient sur les symptômes ressentis et les antécédents médicaux. Il réalise ensuite un examen physique, souvent en position gynécologique, afin d’évaluer la tonicité du sphincter ou de rechercher d’éventuelles anomalies.

Des examens complémentaires peuvent être prescrits, comme un bilan sanguin, une coproculture (analyse de selles), une échographie endo-anale ou une défécographie (radiographie du plancher pelvien).

À l’issue de ces tests, le médecin pourra poser un diagnostic et déterminer le traitement le plus adapté.

Les traitements médicaux de l’incontinence anale

Comme dit en introduction, 70 % des patients voient leur incontinence anale disparaître ou s’améliorer significativement grâce à un traitement médical.

Le traitement dépend de la pathologie responsable de l’incontinence. On peut retrouver :

  • L’utilisation de suppositoires ou de lavements pour faciliter la vidange du rectum ;

  • La prise de médicaments, soit pour traiter la constipation chronique, soit pour ralentir le transit ; 

  • La rééducation ano-périnéale, par biofeedback ou électrostimulation, afin de permettre au patient de reprendre le contrôle de son sphincter ;

  • Les irrigations du côlon par sonde.

En ultime recours et dans de rares cas, si les traitements médicamenteux restent inefficaces, une chirurgie peut être envisagée. 

Dans ce cas-là, on réalise généralement une sphinctérorraphie, qui consiste à réparer un sphincter anal endommagé, ou la chirurgie de stimulation nerveuse, qui consiste à mettre une électrode dans le bas du dos pour stimuler sur commande la zone pelvienne. 

Les traitements naturels de l’incontinence anale

Faire des exercices ciblés 

Il est fréquent de traiter son incontinence anale en réalisant des exercices dans le cadre d’une rééducation chez un kinésithérapeute. 

Les exercices visent à renforcer les muscles du plancher pelvien afin de limiter l’incontinence anale, voire de l’éliminer selon les cas. Dans tous les cas, le traitement dure plusieurs semaines.  

Manger des aliments adaptés 

Il est recommandé d’éviter de consommer des aliments à effet laxatif qui risquent d'accélérer le transit, surtout en cas d’incontinence fécale. 

Voici quelques aliments à limiter : 

  • Les boissons caféinées : café, thé, sodas… ;

  • L’alcool ;

  • Certaines épices ;

  • Certains fruits : notamment les pruneaux, abricots secs et kiwis ;

  • Certains légumes : les haricots verts, épinards, céleri et artichauts.

Si l’incontinence anale s’accompagne de diarrhée, il est préférable de privilégier des aliments pauvres en résidus, comme le riz blanc, les pommes de terre, les viandes maigres ou les bananes.

 
Publié dans: Incontinence

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